Le principal problème rencontré, lors de la digitalisation d'une photo, c'est
qu'à cause de différences de perception par l'oeil humain, l'échelle des
teintes de la palette TrueColor ne nous apparaît pas de façon linéaire selon
le médium. En clair, cela veut dire que si l'on affiche par exemple les
différentes teintes de vert, allant de 0 à 255, la valeur de 20 ne nous apparaîtra
pas nécessairement comme étant deux fois plus « vert » que 10; ni
127 comme étant au « milieu » de 0 et de 255. De plus, cette
différence subjective varie selon le type du support utilisé: modèle de l'écran,
impression sur papier, etc.
La correction gamma vise à corriger cette différence de perception. On ne peut pas la faire de façon universelle, c'est-à-dire qu'une image corrigée pour l'affichage sur écran apparaîtra probablement trop claire (blanchâtre) si on l'imprime. De plus, une bonne correction gamma devrait tenir compte du modèle de l'écran ou de l'imprimante utilisée. En prenant une valeur moyenne, on obtient cependant quelque chose qui convient à tout le monde. Si vous désirez afficher et imprimer une photo digitalisée tout en ayant le meilleur résultat possible, vous devrez alors en avoir deux versions corrigées, une pour chaque support. Généralement on se contente cependant d'en avoir une seule; soit celle adaptée à l'affichage dans le cas des sites Web.
Bien que peu connu, la correction gamma est de loin le paramètre le plus
important lorsque vous désirez ajuster votre scanneur afin que vos photos
digitalisées n'apparaissent pas trop sombres à l'écran. C'est également
celui-ci que vous devriez penser à utiliser en premier pour éclaircir une
photo originale trop sombre, au lieu d'augmenter la luminosité car celle-ci a
pour effet de donner des images fades et sans contraste. On voit ci-dessous la
boîte de contrôle d'un scanneur d'une marque bien connue. On peut faire
varier le facteur gamma soit à l'aide de la règle de graduation à la droite
du G, soit en utilisant l'option MagicMatch. Dans ce dernier cas, on doit
choisir en-dessous la destination: soit l'écran (« screen ») ou
bien une imprimante sélectionnée parmi une liste pré-établie. L'option
MagicMatch à l'avantage d'agir de façon indépendante sur les trois teintes
(rouge, vert et bleu) tandis que l'autre modifie les trois dans le même
rapport. On peut également utiliser l'option « Auto Adj »
qui, en plus de corriger le facteur gamma, change également l'histogramme tonal
et que l'on verra à la page suivante.

La photo suivante illustre une photo digitalisée en utilisant l'option MagicMatch de VistaScan. Elle apparaît avec d'assez belles couleurs sur mon écran, assez proches de l'original mais sans toutefois être aussi éclatantes.

Les échantillons suivants montrent quelques résultats obtenus en faisant
varier le facteur Gamma.
Le
premier, à droite, a été pris en désactivant la correction complètement,
c'est-à-dire avec Gamma = 1.0. On voit de prime abord que la photo a une
apparence générale beaucoup trop sombre, mais une étude attentive montre que
les éléments les plus pâles, comme la petite maison blanche au centre et les
roches au premier plan, sont presque aussi clairs que ceux de l'image ci-dessus.
Cela s'explique par la perception de l'oeil humain, qui perçoit correctement
les valeurs extrêmes de l'écran (les noirs et les blancs) mais de façon plus
sombres les valeurs moyennes. La correction gamma vise donc à augmenter
l'intensité des couleurs moyennes, tout en affectant moins les valeurs plus
extrêmes.
Les deux échantillons suivants ont été pris avec des valeurs gamma de 1.6 et de 2.2, qui sont les valeurs par défaut généralement rencontrées, tandis que la dernière reprend l'image fournie avec MagicMatch. On voit que ces deux images suivantes sont beaucoup plus claires que celle sans correction ci-dessus, mais qu'elles manquent quand même de « couleurs » par rapport à la dernière; dont le ciel et la mer sont plus bleus et les verts plus éclatants.
Pour être juste, le ciel a toutefois une teinte légèrement trop violette
par rapport à l'original, d'un bleu plus blanchâtre mais sans être complètement
gris comme dans les deux autres.



Copyright (c) Sylvain Lafontaine, 1998.