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Cet onglet sur la presse écrite propose une histoire de la presse à partir de nombreuses sources et présente notamment les articles que j'ai publié dans le journal Le Petit Jour de l'AJOUREP. L'histoire de la presse écrite est fascinante parce qu'elle est un témoin important de l'évolution de l'humanité, de ses moeurs, de sa pensée, de son quotidien, de ses faits divers, de ses forces et ses faiblesses. L'histoire de la presse ne se comprend qu'en mettant en contexte la découverte de nombreuses inventions ! L'échelle chronologique présentée ci-dessous s'inspire de quelques auteurs et reprend quelques faits québécois. Elle sera enrichie au fil de mes lectures. Cette page contient notamment :
________________________________________________________________________________________________________________________________________ EXTRAIT du Livre des records 1998 - section presse écrite et médias On retrouve plusieurs éditions du Livre des records Guiness et une édition nouvelle chaque année. J'ai soumis ma candidature en 1997 pour le plus grand nombre de journaux différents, ce qui fut rejeté, prétextant que la catégorie exacte n'existait pas et que les catégories voisines allaient être retirées du palmarès dans les prochaines éditions. On pouvait y lire dans la version anglaise disponible cette année là :
Tiré et adapté de Livre des records Guiness 1997 - newspapers. ________________________________________________________________________________________________________________________________________ Bien avant le Christ ! Avant même de se mettre debout, l'homme eut besoin d'informations sur le monde qui l'entourait. Des millions d'années plus tard, les moyens techniques le permettant, la presse devait répondre à ce besoin. Sa fonction est d'annoncer les événements, d'en donner la description la plus exacte et la plus récente possible. Ces nouvelles servent au lecteur à orienter ses actions, mais elles lui procurent aussi le plaisir de découvrir, de connaître et d'être étonné. 'une certaine manière, les aèdes de la Grève antique, les trouvères du Moyen-Age, les griots africains, les crieurs publics furent les ancêtres des journalistes modernes. D'abord verbale, la transmission des nouvelles a été organisée de diverses manières à travers le monde: signaux de fumée des Peaux-Rouges, tam-tams africains, réseaux de pigeons voyageurs dans les États musulmans du Xème siècle ou les 200 000 coursiers de la poste de l'empereur mongol, dont parlera Marco Polo trois siècles plus tard. Cinquante ans avant notre ère, les journaux romains "acta diurna" paraissent à 10 000 exemplaires chaque semaine ... Premier millénaire
Du X au XVI ème siècle
Du XVII au XVIII ème siècle
"Sous le règne de Louis XIII, Théophraste Renaudot publie "La Gazette". C'est l'acte de naissance de la presse moderne. "En une seule chose, ne le céderai-je à personne: en la recherche de la vérité, de laquelle néanmoins je ne me fais pas garant". Renaudot définit ainsi, dès 1631, le journalisme et ses limites. Pendant trois siècles et demi, la presse poursuivra la vérité, sans pour autant prétendre à écrire l'histoire"
XIX ème siècle
XX ème siècle
XXI ème siècle Tiré et adapté de : Worlgensinger Jacques. L'histoire à la Une: la grande aventure de la presse. Découverte Gallimard - 72. 1989. 30 $ Un véritable trésor comme plusieurs numéros de cette collection richement illustrée en couleur ! Un voyage à travers la presse unique (A) ________________________________________________________________________________________________________________________________________ EXTRAITS DE LA PUBLICATION "Le Petit JOUR" Dans le cadre du Petit Jour, j'ai publié quelques articles sur l'histoire de la presse écrite en Amérique. Je reprends l'essentiel des articles parus à ce jour. ________________________________________________________________________________________________________________________________________ HISTOIRE DE LA PRESSE ÉCRITE AU CANADA (1752-aujourd'hui) On
a probablement davantage écrit sur la presse écrite européenne que sur la
presse écrite canadienne. Ayant récemment
joint l’AJOUREP à titre de membre actif,
je vous propose un bref tour d’horizon de l’histoire de la presse écrite
au Canada. La page couverture du
Petit Jour rappelle que la fête du Canada est le 1er juillet et que
le Canada fêtait ses 134 ans récemment. Jacques
Cartier, explorateur, fut le premier à utiliser le mot canadien, d’abord pour
désigner les iroquois de Stataconé (ville de Québec).
Ce mot servira d’identifié d’abord face à la France, puis face aux
anglais après la conquête de 1760. Revendiqué
par les anglais, il devient le symbole du pays par la suite. La presse écrite nord-américaine est née en Nouvelle-Angleterre, aujourd’hui l’état du Massachusetts, vers 1630 bien avant la presse canadienne; le premier journal publié régulièrement vit le jour vers 1704. À cette époque la Nouvelle-France compte environ 15 000 personnes contre 19 millions en France, 7,5 millions en Angleterre/Écosse et 6 millions en Espagne. Il faut savoir que beaucoup de nouveaux arrivants provenait de la classe moyenne d’Angleterre, ce qui donnait à la colonie un lectorat potentiel. Au Canada, la presse écrite fit d’abord son apparition dans l’est de la colonie avec The Halifax Gazette, fondé le 23 mars 1752 par John Bushell, un imprimeur de Boston. The Quebec Gazette fut fondée le 21 juin 1765, un an après le Traité de Paris cédant le Canada à l’Angleterre. Ce journal est devenu le Quebec Chronicle-Telegraph (http://www.qctonline.com/), le plus ancien journal d’Amérique du Nord encore publié à ce jour. Le deuxième plus ancien journal en Amérique du Nord est le Hartford Courant, dans le Connecticut aux USA, qui fut fondé le 29 octobre 1764. Pendant ce temps, la France et l’Angleterre vivent la guerre de Sept Ans. 1760 marque la fin de la colonie Française en Nouvelle-France. (1-3) Durant
le XVIIIème siècle, les premiers journaux étaient financés par le
gouvernement qui exerçait un contrôle sur le contenu centré sur l’actualité
locale mais aussi internationale. Généralement
publié sous forme de feuillet de 2 ou 4 pages, on y retrouvait dès le début
des encarts publicitaires de petites dimensions.
Le traité de Versailles entre l’Angleterre et les Etats-Unis reconnaìt
l’indépendance de ces derniers et interdit désormais tout commerce entre le
Canada et les Etats-Unis (1783). Enfin,
le gouvernement anglais adopte en 1791 l’Acte constitutionnel qui divise le
territoire canadien en deux colonies :
le Bas-Canada et le Haut Canada. (1-3) Le
XIXème siècle amène davantage de colons européens et un financement et des
opinions plus diversifiés. La politique y tient une place grandissante.
Les
principaux journaux de l’époque incluent The Kingston Gazette, (1810 -
Stephen Miles); The Bytown Packet (1844 - William Harris) devenu The Ottawa
Citizen; The Toronto Globe (1844 - George Brown) et The Colonial Advocate (1824 – W Lyon Mackenzie).
Au Québec, on assiste à
Montréal à la naissance du journal The Gazette en 1778.
Fondé par Fleury Mesplet, le journal est d’abord publié en français
(fait ignoré de la plupart des francophones québécois)
puis en anglais à partir de 1855 sous l’égide d’un dénommé Ross. (1-3) « Pendant plus d'un siècle, plusieurs journaux ont publié des numéros spéciaux en couleur pour souligner d'importants événements. Une sélection de ces numéros tirés de la collection de la Bibliothèque nationale du Canada est présentée sur le site de la bibliothèque nationale du Canada. »(4) Nous reprenons ici respectivement les reproductions de The Gazette Montreal (1901), Quebec Chronicle (1890) et The Quebec Daily Telegraph (1909), seul encore publié aujourd’hui. Le
vingtième siècle amène une croissance démographique importante,
l’industrialisation, les grandes guerres, les progrès technologiques et une
plus grande liberté de presse. Entre 1901 et 1911, le Canada était le pays connaissant la
plus grande croissance au monde. En 1900, le tirage de tous les journaux
canadiens atteignait un total de 650 000 exemplaires, pour doubler au cours de
la décade qui suit. 1917 voit la naissance de La Presse canadienne, une coopérative
responsable de chercher la nouvelle et de la diffuser à travers le pays,
et ce dans le but de donner un accès plus rapide à l’actualité
nationale et internationale. En 1938, on compte 138 journaux d’intérêt général,
un sommet inégalé dans l’histoire de la presse écrite canadienne avant de
chuter à 87 vers 1945. Aujourd'hui, le Canada compte 105 quotidiens.
(1-3) Avec
les années 1960, on assiste à quelques fermetures de grands journaux dont The
Telegram (Toronto); The Montreal Star (Montréal), le Ottawa Journal et le
Winnipeg Tribune. Par ailleurs, de nouveaux quotidiens font leur apparition.
On assiste à une concentration de la propriété avec un nombre limité
de propriétaire, incluant Hollinger International (n = 58), Quebecor/Sun Media
(n = 15), Thompson Media (n= 6), Torstar (n = 5 ), Power Corporation (n = 4),
Brunswick News (n= 4), et quelques autres.
(1-3) « En
matière de liberté de la presse, la presse «libre» qu'exigeait Joseph Howe
en 1835 est restée en place pour le bénéfice de la population canadienne. Le
droit en matière de journaux a évolué pour toucher les questions de libelle,
d'outrage au tribunal et de droits d'auteur. De plus, la Charte des droits et
libertés, enchâssée dans la Constitution canadienne de 1981 garantit la
liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté
de la presse et des autres médias de communication. » (1)
Le
plus gros est le Toronto Star, dont le tirage est de 477 856 exemplaires chaque
jour de semaine, près de 735 000 le samedi et environ 479 000 le dimanche. Le
tirage des quotidiens francophones et anglophones du Canada atteint un sommet inégalé
depuis à plus de 5,7 M d'exemplaires en 1989.
Aujourd'hui, plus de 5,1 M de Canadiens reçoivent un quotidien, ce qui
signifie que, chaque jour, plus d'un Canadien sur cinq âgés de 15 ans ou plus
lisent un quotidien - c'est l'une des proportions les plus élevées au monde
entier. « Selon l’étude de Nadbank (http://www.nadbank.com/) 1999 rendue publique au début d’octobre, près de neuf M de Canadiens, soit 59,3% de la population, lisent un quotidien chaque jour. Le lectorat chez les hommes reste haut, 64,8%, mais baisse à 54,1% chez les femmes; 11,6 M (75%) des adultes canadiens lisent un journal du lundi au vendredi, y compris 77,8% des lecteurs entre 18-24 ans, soit le niveau le plus élevé de tous les groupes d’âges; un peu moins de 9,4 M de Canadiens lisent un journal le samedi; 5,8 M de Canadiens lisent un journal le dimanche; 12,7 M de Canadiens lisent un journal le samedi ou le dimanche; le groupe d’âge où le lectorat est le plus bas est celui des 25-34 ans où seulement 52% ont lu un journal hier et 81,5% lisent le journal la fin de semaine. » (1) Depuis
1988, la Bibliothèque Nationale du Canada répertorie sur microformes les
journaux canadiens selon l'ordre
alphabétique des noms de lieux, par provinces et (ou) territoires et noms de
ville. Son répertoire compte plus
de 2300 titres de journaux canadiens tirés à 3 copies ou plus, y compris les
journaux ethniques, autochtones ou étudiants (5) Références 1. Association canadienne des journaux http://www.cna-acj.ca/ - représente près de 99 % des journaux publiés. 3.
Anonymous.
The Print Media. 384-90. Dans:
Wright J. 20001 The New York
Times Almanac. 2001 www.penguinputnam.com
- ~ 11 $ US 4.
Bibliothèque
nationale du Canada. Éditions spéciales
de journaux canadiens. http://www.nlc-bnc.ca/2/14/index-f.html
5.
Bibliothèque
nationale du Canada – répertoire de plus de 2300 journaux depuis 1988.
http://www.nlc-bnc.ca/8/18/index-f.html
6.
Journalismnet –
Canada – Un site intéressant pour une vue d’ensemble du marché . http://www.journalismnet.com/canada
/ 7.
Star4all – autre répertoire incomplet de journaux canadiens - http://www.start4all.com/newspapers/canada.htm
8. Provencher J. Chronologie du Québec 1534-2000. Boréal Compact. 2000 9. Carpin, G. Histoire d’un mot. L’ethnonyme Canadien. 1995 ________________________________________________________________________________________________________________________________________ HISTOIRE DE LA PRESSE FRANCOPHONE AU CANADA (1752-aujourd'hui) L’histoire de la presse écrite en Amérique et
particulièrement au Canada ne peut s’écrire sans porter une attention
particulière à la presse francophone. Dans
le numéro 66 de septembre 2001 du Petit Jour, nous évoquions le profil
de la presse écrite au Canada. Dans
ce numéro, nous abordons quelques éléments de la presse francophone. Une langue officielle Le
Canada fait partie d’un nombre limité de pays dans le monde possédant deux
langues officielles. On peut
notamment lire dans la législation canadienne que « Attendu que
la Constitution dispose que le français et l'anglais sont les langues
officielles du Canada et qu'ils ont un statut et des droits et privilèges égaux
quant à leur usage dans les institutions du Parlement et du gouvernement du
Canada; qu'elle prévoit l'universalité d'accès dans ces deux langues en ce
qui a trait au Parlement et à ses lois ainsi qu'aux tribunaux établis par
celui-ci … (1) » Ces éléments protègent, en théorie du moins et dans
une certaine mesure, les droits des
francophones canadiens et tout porte à croire que le français a sa place tout
comme l’anglais ! L’état de la
presse francophone à travers le pays nous donne un indice de l’état du français
à travers le pays. Pourtant,
le Québec a senti le besoin de se doter de différents outils législatifs au
fil des années pour faire du français la véritable langue d’usage.
On peut en apprendre davantage sur l’historique de ces leviers légaux
en consultant le site de l’Office de la langue française créée en 1961 pour
assurer la promotion du français et le respect de la Charte de la langue française
au Québec. Un tel organisme
n’existe pas dans les autres provinces et seul le Nouveau-Brunswick est une
province officiellement bilingue. (2) Nous
pourrions débattre sans limite des risques de voir éventuellement le français
disparaître de l’Amérique. Un
coup d’œil sur le tableau I suffit quant à moi pour faire réfléchir le
lecteur. On constate que la
proportion de personnes d’origine ethnique francophone qui parle encore français
en Amérique est limitée aux Etats-Unis et à l’extérieur du Québec.. Tableau
I
Que
se passe-t-il aux USA ? Il
est intéressant d’observer ce qui se passe depuis quelques années aux États-Unis.
Les hispanophones, qui constituent un groupe important de l’immigration récente
américaine, représentent plus de
35 millions d’habitants (~10% de la population).
Plus d’une vingtaine d’états américains ont choisi adopté une loi
faisant de l’anglais l’unique langue officielle d’un état, dans la
perspective de protéger l’anglais ! Les
autres états n’ont pas encore adopté de loi en ce sens à ce jour mais
plusieurs y songent. (3) Cet état
de fait suggère que les moyens mis en place par les Québécois trouvent
audience hors Canada. De nombreux habitants de la Nouvelle-France, du Bas-Canada puis du Québec ont émigré aux États-Unis au cours du XIXème et du Xxème siècle. On retrouve une trace de leur émigration avec quelques journaux francophones encore publiés de nos jours tels que le Journal Français (depuis 1975 – mensuel – 35 000) de Californie, Le Francophone de Floride, les Feux Follets (1986 – annuel – 400) de Louisiane, la Gazette de Louisiane (5 par an), Le Forum (1972 – 4 500) du Maine, Le Canado-Américain (trimestriel – 38 000) du New Hampshire, Le France-Amérique (1943 – hebdomadaire – 20 000) de New York et L’Union (bimestriel – 14 000) du Rhode Island. (1) En parlant du recensement au Canada Au dernier recensement canadien dont les résultats
sont disponibles et publiés (1996 – population de 28 528 125 – elle
atteint aujourd’hui plus de 30 millions d’habitants),
on apprend que la langue maternelle rapportée par les canadiens est
l’anglais (60,5 %), le français (23,5 %) ou d’autres langues (15,7%).
Au niveau de la langue parlée à la maison,
les proportions sont similaires bien que légèrement inférieures pour
le français (22,8 %). Moins de
10 % des francophones canadiens habitent hors Québec. Enfin,
31,5 % des canadiens affirment connaître le français sans toutefois
le maîtriser ou le parler couramment. (4) En 2001, on peut dire que sur un total de près de 30
millions de Canadiens, 9 millions le parlent, l’écrivent, le chantent,
travaillent et vivent en français. De ce nombre, 7 millions sont d'origine
francophone et 2 millions ont adopté le français comme langue seconde.
(10) Petit
rappel historique « La
souche francophone en Amérique a pris naissance avec la prise de possession
du Canada au nom du roi de France par Jacques Cartier en 1534.
En 1627, la Nouvelle-France compte un peu moins de 100 habitants dont
moins d’une douzaine de femmes. En
1629, elle tombe aux mains des anglais (par l’action des frères Kirke) qui
l’occuperont durant 3 ans. Le
premier recensement (1665) compte 3215 habitants;
la population de Nouvelle-France passe à près de 30 milles habitants
en 1726. En 1759, le général
James Wolfe entreprend le long siège de Québec. Avec le traité de Paris de
1763, la France cède à l’Angleterre
la Nouvelle-France incluant l’Acadie et la rive gauche du Mississipi.
On assiste à la création de la « Province of Quebec ».
« En 1791, l’Acte constitutionnel divise le territoire canadien en 2
colonies : le Bas-Canada à
majorité de langue française et le Haut-Canada, à majorité de langue
anglaise. En 1825, la
population du Bas-Canada est de près d’un demi million d’habitants tandis
qu’elle n’est que de 157 923 habitants au Haut-Canada. À la suite du soulèvement
de 1837 au Bas-Canada par des patriotes qui revendiquent des droits
particuliers pour le Bas-Canada, Lord Durham présente un rapport conseillant
des mesures essentielles pour rétablir la paix et notamment la nécessité
d’angliciser les canadiens français.
En 1867, entre en vigueur l’Acte de l’Amérique du Nord-Britannique
qui réunit la Nouvelle Écosse, le Nouveau Brunswick, l’Ontario et le Québec
et donne au français le statut de langue officielle aux parlements fédéral
et provincial (Québec) et devant les tribunaux.
La population du Québec dépasse le million d’habitants.
En 1974, la loi 22 proclame le français langue officielle du Québec.
Suivront différents amendements qui continuent de protéger la langue française
au Québec. » (5) Petite histoire de la presse francophone « Il n’y a pas eu de journal en Nouvelle-France, en
partie à cause du refus de l’Administration française d’établir des
presses typograhiques dans la Colonie »
rapporte l’encyclopédie canadienne.
(6) « En 1764,
William Brown et Thomas Gilmore, deux imprimeurs de Philadelphie, lancent à
Québec la Gazette de Québec, un journal bilingue.
Vers 1780, Fleury Mesplet, un imprimeur français qui avait été
emprisonné pour avoir tenté de persuader le Québec de participer à la Révolution
américaine, publie La Gazette de Montréal », encore publiée de
nos jours mais qui devint uniquement anglophone plus tard.
Suivent au début du dix-neuvième siècle la publication du journal Le
Canadien (1806) et de La Minerve (1826) pour assurer la promotion
de la classe professionnelle qui fleurit. La publication quotidienne devient
monnaie courante dans les années 1840 avec la Gazette.
En 1873, le Canada compte 47 quotidiens et 112 en 1900.
(6) « L’essor
d’une nouvelle classe ouvrière dans les grandes villes, favorise
l’apparition de journaux de genres différents qui mettent l’accent sur
les nouvelles locales, la grande diffusion, les petits annonces et dans
certains cas les scandales » .
« Au Québec, toutefois, la croissance des journaux est entravée
par le faible taux d’alphabétisation.
En 1871, seulement 50 % des francophones adultes du Québec savent lire
et écrire comparativement à 90 % des adultes d’Ontario.
On trouve uniquement au Québec des quotidiens qui poursuivent des
objectifs religieux, notamment le journal catholique ultramontain Le
Nouveau Monde (1867). » (6) La
Presse (de Montréal) naît
en 1884 grâce à William-Edmond Blumhart et au soutien de la famille Wuterle.
Le journal est lancé par des conservateurs insatisfaits du gouvernement du
premier ministre John A. Macdonald et de l’appui qu’il reçoit du journal
Le Monde, dirigé par Hector Langevin. En
1955, Paul Desmarais devient le véritable propriétaire du journal, désormais
de tendance libérale. On
appelait ce journal le « bréviaire des canadiens français » à
cette époque. (6)
Dans
l’ouest canadien En
1898, on assiste à la naissance du premier journal franco-albertin L'Ouest canadien. Six journaux francophones
verront le jour mais n'auront pas tous la même longévité. Le journal L'Union
fondé en 1917, était, selon Le Devoir, l’un des dix meilleurs journaux
indépendants du français.
Des différents entre les dirigeants du journal L'Union et l'Association
canadienne française de l'Alberta (fondée en 1926) finissent par engendrer
la disparition de L'Union en 1929 et la fondation d'un nouveau journal La
Survivance (1928) qui deviendra désormais l'organe officiel des Associations
françaises d'Alberta et de Colombie. Pendant de nombreuses années, les Oblats le financent et en
gardent le contrôle jusque dans les années 70. À ces débuts, le contenu du
journal était d'un ton qualifié d'européen puisqu'il relatait des événements
comme la montée du fascisme et la Deuxième guerre mondiale. Avec le temps,
il se rapproche de la communauté lui conférant un ton plus représentatif de
sa population. Il est à noter que jusqu'en 1965, date de la création du
journal Le Soleil de Colombie par M. André Piolat, La Survivance couvrait les
Territoires du Nord-Ouest et la Colombie-Britannique. En 1962, il était même
question de fusionner les trois journaux de l'Ouest qui appartenaient aux
Oblats: La Survivance en Alberta, Le Patriote en Saskatchewan et La Liberté
au Manitoba. Cette idée sera finalement abandonnée du fait de la distance
qui aurait occasionnée des problèmes de distribution. En 1967, c'est
Monsieur Jean-Maurice Olivier, alors rédacteur en chef du journal, qui arrive
à convaincre les Oblats de changer le nom en Franco-Albertain. (14) Ailleurs
au Canada En
1910, le nationaliste Henri Bourassa fonde
le Devoir pour promouvoir les intérêts du Québec.
A la même époque, des journaux francophones voient le jour au
Manitoba (La liberté – 1913), au
Nouveau-Brunswick ( Le Madawaska – 19)
et en Ontario (Le Droit – 1917).
Les autres provinces canadiennes verront la création de journaux
francophones à la fin du XX ième siècle. Il
est important de mentionner que l’émigration de francophones du Québec
vers l’Ontario et l’Ouest Canadien (et particulièrement le Manitoba) ont
contribué à l’essor de la presse francophone.
Le Centre du patrimoine du Manitoba recèle plusieurs dizaines de
journaux, revues et périodiques du Manitoba français, établie notamment à
Saint-Boniface, tout près de Winnipeg. Malheureusement,
il ne subsiste aujourd’hui que La Liberté (1913).
Le Montagnard s’est éteint en 1998, le St-Claude Gazette en
1987 et Le Reflet en 1984. Les
journaux et la politique Durant
le XIX ème et le début du XX ème
siècle, on assiste à la politisation des journaux, partagés entre
les 2 grands partis soient le parti réformiste (devenu le Parti libéral actuellement
au pouvoir avec Jean Chrétien depuis le début des années quatre-vingt-dix -
à ne pas confondre avec une version plus récente du parti réformiste
rebaptisée l’an dernier l’Alliance canadienne) et le Parti
Conservateur. On retrouve
ainsi très souvent deux journaux dans les grandes villes du pays pour refléter
les 2 grands courants politiques. Les
lecteurs s’attendent à ce que les journaux prennent parti.
En
1917, on assiste à la création de la Presse Canadienne (PC - 1917),
une agence coopérative de nouvelles intérieures.
Malheureusement, le service en langue française ne débute qu’en
1951 et dessert aujourd’hui 11 journaux avec une production quotidienne de
250 000 mots. En 1937, on
assiste à la création du Conseil de la vie française en Amérique en 1937
à l'occasion du deuxième congrès de la langue française. Ce Conseil est
devenu le principal organisme qui ait une préoccupation pour l'ensemble de la
francophonie nord-américaine (8) Les
tabloids Dans
les années cinquante, la venue de la télévision brise le monopole de la
publicité pour les journaux. À partir de 1960, on voit apparaître des tabloïds
dans la plupart des zones urbaines d’importance.
Pierre Péladeau lance Le Journal de Montréal (1964) et Le
Journal de Québec (1967). Péladeau
bâtit l’empire Quebecor World, aujourd’hui premier imprimeur mondial avec
plus de 43 000 employés, 160 ateliers répartis dans 16 pays du monde.
Une des filiale est Sunmedia, 2ème groupe de journaux au
Canada avec 8 grands quotidiens, plus de 180 journaux régionaux
principalement au Canada. Sans
doute la réussite la plus importante des francophones d’Amérique en matière
de presse écrite et électronique (7) Au
Canada, deux études célèbres (Comité Davey 1969-70 et Commission royale
sur les quotidiens – Kent – 1980-81) ont eu un impact sur l’évolution
de la presse écrite. Elles ont
notamment questionner la concentration de la propriété des journaux et la
diminution de la concurrence. A
la fin des années quatre-vingt, des conseils de presse ont été mis en place
dans presque toutes les provinces canadiennes, sur recommandation de ces comités.
Les
hebdos régionaux « À mesure que le nombre de quotidiens des
grandes villes diminue et que les journaux restants cessent la livraison non
rentable à l’extérieur des villes, les journaux communautaires connaissent
une vague de prospérité. De
1971 à 1980, la somme du tirage des hebdomadaires communautaires passe de 3,8
à 8,8 millions d’exemplaires et atteint 9,5 millions en 1985 dont 2,8
millions qui sont bilingues. » (6) De nombreux journaux communautaires
sont distribués gratuitement, étant financés par les revenus publicitaires.
Il faut souligner la présence du groupe Transcontinental qui est le
premier éditeur de journaux hebdomadaires au Québec et le deuxième au
Canada. Dans la seule région de Montréal, il rejoint 1,2 million de
foyers. Il agit aussi à titre d’imprimeur d’autres journaux dont
il n’est pas le propriétaire. Le
groupe publie 70 hebdos francophones québécois dont les noms n’ont
toutefois pas été reproduits dans le tableau qui suit.
Nous y reviendrons dans un
article ultérieur sur la presse québécoise. « En
1986, le tirage des 110 quotidiens est d’environ 5,5 millions
d’exemplaires. Une étude de
marché révèle que 80 % de la population lit au moins 3 ou 4 numéros de
quotidiens par semaine. Le nombre
des lecteurs est un peu plus bas au Canada-français qu’au Canada-anglais.
Selon la commission Kent, le marché francophone représente 18 % du
tirage national (soit moins que son importance démographique) répartis entre
11 journaux d’importance dont 9
publiés au Québec, 1 à Ottawa et 1 à Moncton.
80 % du tirage des journaux français reviennent à 3 groupes : le
groupe Quebecor de Pierre Péladeau (50 % du tirage), Gesca de Paul Desmarais
et Unimédia de Jacques Francoeur. » (6) En 1976, on crée l'Association de la presse
francophone regroupant 24 hebdomadaires et bimensuels canadiens de langue française
à l'extérieur du Québec. Le
tableau II qui répertorie les principaux journaux francophones d’Amérique
s’inspire en grande partie du matériel disponible sur le site de cette
association. (9)
À la lecture du tableau II, on voit que chaque
province canadienne possède au moins un journal francophone hebdomadaire bien
que le tirage soit généralement limité (< 5000 copies) et que plusieurs
soient publiés de façon hebdomadaire et sans site WEB.
Outre le Québec qui compte plus de 70 hebdos et 9 quotidiens, l’Ontario
possède 17 hebdomadaires, quelques bimensuels et 1 quotidien. On
peut se demander si la presse francophone pourra survivre et quelle sera son
évolution dans une Amérique multi-ethnique où l’anglais et l’espagnol
domine. Une meilleure
connaissance de son histoire peut aider à en protéger le futur ! Références 1.
Gouvernement du Canada – ministère de la justice. http://lois.justice.gc.ca/fr/O-3.01/49569.html
site visité le 18 octobre 2001 2.
Gouvernement du Québec – Office de la langue française - http://www.olf.gouv.qc.ca/index.html
site visité le 2 octobre 2001 3.
Language legislation in the
USA. http://ourworld.compuserve.com/homepages/JWCRAWFORD/langleg.htm
site visité le 19 octobre 2001 4.
Statistiques Canada – Le Canada en statistiques –
recensement de 1996 - www.statcan.ca/francais/Pgdb/People/Population
Site visité le 27 septembre 2001 5.
Provencher Jean. Chronologie
du Québec 1534-2000. Boréal
Compact. 2000. 6.
Creery T. (Journaux),
Pohle K. (Presse canadienne). L’Encyclopédie
canadienne 2000 – édition mondiale.
McClelland & Stewart Inc., 1999. 7.
Quebecor World - http://www.quebecor.com/htmfr/0_0/0_1.asp site visité le 21 octobre 2001 8.
Le Conseil de la vie française en
Amérique. http://www.cvfa.ca/accueil.html
site visité le 2 octobre 2001d 9.
L’association de la presse
francophone. http://www.afp.ca/
site visité le 19 octobre 2001.
10.
La francophonie en Colombie-Britannique.
http://www.ffcb.bc.ca/
site visité le 17 octobre 2001 11.
La francophonie nord-américaine - http://www.fl.ulaval.ca/cefan/franco/
site visité le 12 octobre 2001 12.
La francophonie à Terre-Neuve et Labrador - http://www.francophonie.nfld.net/
site visité le 10 octobre 2001 13.
La francophonie en Ontario - http://www.ofa.gov.on.ca/francais/comfraco.htm#histo
site visité le 22 octobre 2001 14. Histoire du Franco. Site visité le 6 octobre 2001 _________________________________________________________________________________________________________________________________ HISTOIRE DE LA PRESSE ETHNIQUE AU CANADA (~1800-aujourd'hui) Le
Canada est un pays bilingue où l’anglais et le français se côtoient.
Il est aussi la terre de nombreuses nations autochtones et la terre
d’accueil de nombreuses nationalités. L’objectif
de ce troisième article sur la presse au Canada est de présenter un profil de
la presse ethnique, en suite aux parutions des numéros 66 et 67. Multiculturalisme (mosaïque culturelle canadienne ) ou melting-pot américain ? « Le
Canada a la réputation d'être une nation multiculturelle i.e. que les
Canadiens n'ayant pas les mêmes origines raciales ou culturelles ne partagent
pas un héritage unique. Au contraire : le Canada d'aujourd'hui comprend une
vaste diversité culturelle et raciale, qui est le résultat de plusieurs siècles
d'immigration. » (1) « En
1971, le Canada est devenu le premier pays au monde à se doter d'une politique
sur le multiculturalisme » révèle le site WEB de Communication Canada.
« En 1986, le gouvernement a adopté la Loi sur l'équité en matière
d'emploi et, en 1988, la Loi sur le multiculturalisme canadien ».
Cette politique sur le multiculturalisme reconnaît la riche diversité
ethnique et raciale. On décrit souvent le Canada comme étant une mosaïque
culturelle par opposition au melting-pot américain, où chacun devient américain.
« La Loi sur le multiculturalisme canadien enjoint expressément
au gouvernement fédéral de faire en sorte que tous les citoyens canadiens
soient traités sur un pied d'égalité dans les sphères économique, sociale,
culturelle et politique, (...) quelles que soient sa race, son origine ethnique,
sa langue et sa religion » (2).
Petite
histoire de l’immigration au Canada Pour
comprendre la presse ethnique canadienne, il incombe de suivre l’histoire de
l’immigration au Canada, résumée par des extraits d’un site WEB canadien.
« L’'immigration a toujours joué un rôle primordial dans la définition
du caractère de la société canadienne. Quoiqu'une minorité seulement de
Canadiens aient vécu l'expérience de l'immigration (moins
de 16 % des citoyens sont nés à l’étranger, nous avons tous un
immigrant parmi nos parents plus ou moins éloignés. En effet, le Canada
n'existerait pas sans ses immigrés. » (1) « Plusieurs
dizaines de milliers d'années avant l'arrivée des premiers Européens, les ancêtres
des Autochtones d'aujourd'hui traversèrent la banquise qui reliait l'Asie à
l'Amérique du Nord pour s'installer sur le continent nord-américain. Au cours
des siècles ils se répandirent sur tout le continent, tissant une riche
tapisserie de groupes linguistiques et culturels. L'arrivée des premiers Européens
remonte à environ 500 ans, époque à laquelle le Canada n'existait pas encore.
Les premiers colonisateurs furent les Français qui s'établirent le long du
Saint-Laurent et de ses affluents. Ils furent suivis de colons français et
anglais, dont les avant-postes se faisaient concurrence dans les provinces
maritimes. Au dix-huitième siècle les Anglais vainquirent les Français à Québec,
prenant ainsi possession des anciens territoires français. Lors de la Révolution
américaine, la défaite des Anglais poussa une vague de Loyalistes fidèles à
la Couronne à aller s'établir en Amérique du Nord britannique (Canada). »
(1) « Pendant
les cent cinquante ans qui suivirent, l'immigration se poursuivit. La plupart
des colonisateurs étaient d'origine anglaise, écossaise et irlandaise, attirés
par les possibilités offertes par le Nouveau Monde. D'autres, dont un grand
nombre d'immigrants écossais et irlandais expulsés de leurs terres ou victimes
de mauvaises récoltes, fuyaient la famine et une pauvreté écrasante. Parmi
les immigrants, on compte aussi des Américains, recrutés par des agents
responsables de la vente des terres et de l'embauche des travailleurs. »
(1) « Au début, la majorité des immigrants furent
d'origine britannique et américaine. Cependant, d'autres nationalités et
d'autres races arrivèrent aussi. De nombreux immigrants européens furent attirés
par le potentiel économique du Canada, ou par le refuge qu'il représentait
face aux persécutions religieuses et politiques. Pendant les années précédant
la Guerre civile américaine, des milliers d'esclaves noirs qui s'enfuyaient des
États-Unis par la filière clandestine vinrent se joindre aux Européens. Après
la Confédération de 1867, des milliers d'Irlandais et de Chinois furent
embauchés pour construire la voie ferrée du Canadien Pacifique. Sur la côte
ouest, d'autres Chinois se joignirent à la vague de chercheurs de fortune venus
du monde entier après la découverte de l'or en Colombie-Britannique et au
Yukon. » (1) « Au début du vingtième siècle, des centaines de milliers d'Américains en quête de terres agricoles, ainsi que des immigrés d'Europe centrale et de l'est recrutés par des agents d'immigration, s'établirent sur les Prairies et l’ouest du pays. (...) À mesure que se répandit cette réticence à l'égard de l'immigration, le public exigea des politiques plus restrictives. Le gouvernement réagit en imposant de nouveaux règlements et en renforçant ceux déjà en place, par exemple la prohibition de l'immigration asiatique. On contrôla plus strictement l'entrée des Européens de l'est et on l'interdit à la majorité des Juifs et des habitants du sud de l'Europe. Le début de la Crise des années 1930 aggrava la méfiance à l'égard des étrangers qui cherchaient du travail au Canada. Même ceux d'origine britannique se virent refuser l'entrée. Comme les autres pays, le Canada ferma ses portes au monde, et cette politique fut poursuivie jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. » (1) « La
fin de la Deuxième Guerre mondiale marqua les débuts d'une expansion économique
si rapide (...) et le Canada mit fin aux restrictions sur l'immigration et fit
venir d'Europe des centaines de milliers de travailleurs et leurs familles. Tout
en continuant d'accorder la préférence aux immigrants de Grande-Bretagne et
d'Europe occidentale, le Canada s'ouvrit progressivement aux autres Européens.
Certains vinrent des pays du sud de l'Europe, tandis que d'autres étaient des réfugiés
des pays de l'Est occupés par l'Union Soviétique. Contrairement aux immigrants
précédents, la plupart de ceux d'après-guerre s'installèrent dans les villes
plutôt que sur des fermes ou dans des villes minières et forestières isolées.
Tous n'étaient pas non plus ouvriers. Bon nombre avaient une formation et une
expérience professionnelles de haut niveau » (1). « Au
cours des années qui suivirent, le Canada accueillit des vagues de réfugiés
fuyant les pays de l'Est : la Hongrie (1956), la Tchécoslovaquie (1968) et la
Pologne (1982-1985). » Des
vagues d’immigration du sud-est asiatique (ex. Vietnam – 1970-80) et de la
Chine (1990-2000) ont suivi. Des non Européens, venus surtout d'Asie et des
Caraïbes, arrivèrent en nombre toujours croissant. Aujourd'hui, les immigrants
et les réfugiés du Tiers Monde et d'autres pays non-européens sont trois fois
plus nombreux que ceux venant d'Europe. Par conséquent, les minorités visibles
sont devenues une partie de plus en plus importante de l'ensemble national. En
fait, 90 p. 100 des Canadiens nés à l'étranger vivent dans les 15 zones
urbaines principales du pays. En
1991, 30 p. 100 de la population totale de Vancouver et 38 p. 100 de celle de
Toronto (soit plus d'un million de personnes à Toronto seulement) était née
ailleurs qu'au Canada. Profil
de la population canadienne en 1996 Au
recensement de 1996 (les résultats du denier effectué en 2000 ne sont pas
encore publiés), on note que des 28,5 millions d’habitants.
À partir des données, on décrit que 65 % sont d’origine unique et 35
% d’origine multiple. (3) Outre
l’origine, on considère que 11,2 % des canadiens font partie des minorités
visibles (divisé en 27 % de chinois, 21 % de sud-asiatique, 18 % de noir, 8 %
arabe, 7 % philipin, 5 % asiatique du sud-est et 14 % autres) et 2,8 % des
nations autochtones (i.e. indiens, métis, inuit). (4) Histoire de la presse ethnique Notre
recherche nous a mené à la découverte d’un ouvrage de Jean-Michel Lacroix
portant sur l’Anatomie de la Presse ethnique au Canada.
Une trouvaille inespérée pour cerner le sujet.
Nous retenons de cet ouvrage, publié en 1988, les éléments suivants (5). Le
Canada, désirant développer l’Ouest, accueille de nouveaux arrivants et
favorise l’éclosion des communautés italiennes (premier journal en 1894),
juive (The Jewish Times 1897) et slave (1904). En 1988, Lacroix recense 14 journaux nés entre 1877 et 1915
qui paraissent encore aujourd’hui soient :
Mennonitsche Rundschau (Allemand, Winnipeg, 1877), le Lögberg-Heimskringla
(Islandais, Winnipeg, 1886), le Kanadiis’kyi Farmer (Ukrainien,
Winnipeg, 1903), le Chinese Times (Chinois, Vancouver, 1907), le Der
Courier (Allemand, Winnipeg, 1907), le Kanader Adler (Juif, Montréal,
1907), le Norröna (Norvégien, Winnipeg, 1910), le Ukrainskyi Holos (Ukrainien,
Winnipeg, 1910), le Dos Yiddishe Vort (Juif, Winipeg, 1910), le New
Republic (Chinois, Vancouver, 1911), le
Yiddisher Journal (Juif, Toronto, 1912), le Die Post (Allemand,
Steinbach, 1913), le Canadian Uutiset (Finlandais, Thunder Bay 1915) et
le Czas (Polonais, Winnipeg, 1915). En
1981, l’auteur cite une source ayant identifié 250 journaux ethnique publiés
au Canada en 44 langues à l’intention de 47 groupes ethno-culturels différents.
Les recherches Lacroix lui
permettent d’identifier de nombreuses sources de mêmes que de nombreux
facteurs de confusion. Qu’entend-on par presse ethnique ? Doit-on regrouper les titres en fonction du continent (ex.
les européens), du sous-continent (ex. sud-asiatique), du groupe ethnique (ex. les slaves, les serbes), de la
nationalité d’origine (ex. les marocains), de la langue (ex. mandarin), de la
religion (ex. musulman), la
localisation (ex. Vancouver), la fréquence etc. Bref, tout un défi. La
recension effectuée par Lacroix permet de recenser en 1988 un total de 324
publications utilisant près de 50 langues et s’adressant à plus de 60
groupes culturels. Il faut signaler toutefois seulement 11 quotidiens (1 en
espanol, 2 en coréens et 8 en chinois). Plus des deux tiers sont publiés aux 2
semaines ou moins fréquemment. La
plupart de ces périodiques sont publiés dans les grandes villes. On retrouve 57 % en Ontario (surtout à Toronto), 21 % au Québec
(surtout à Montréal), 12 % en Colombie-Britannique (surtout à Vancouver), 9 %
en Saskatchewan et Alberta et 6 % au Manitoba (à Winnipeg).
Fait intéressant, le Manitoba qui fut la source de nombreuses
publications ethniques au début du siècle n’en recense qu’une vingtaine en
1988 et représente une proportion beaucoup plus limité au niveau canadien.
Une
recension du nombre de publications par groupe ethno-culturel montre en ordre décroissant
les italiens (9 %), les chinois (7 %), les indiens (7 %), les ukrainiens (6 %),
les juigs (5 %), les allemands (5 %0, les pakistanais (5 %), les latino-américains
(4 %), les arabes (4 %), les grecs (4 %), les portugais (3 %), lescoréens (3 %)
sur un pied d’égalité avec les coréens, hongrois, japonais, philippins et
vietnamiens. À
l’autre bout, on note un seul périodique pour les groupes autrichiens, biélorusses,
bulgares, danois, égyptiens, iraniens, macédoniens, slovènes, turcs et
yougoslaves (à cette époque). Certains
groupes sont sur-représentés i.e. que la proportion de journaux qu’ils
publient dépasse leur poids démographique (e. tchèques, slovaques, croates,
serbes, lithuaniens, estoniens ou lettons).
« De même, plus la communauté est ancienne, plus elle a tendance
à limiter le nombre de ses
publications (ex. allemands, polonais, hongrois etc.). L’auteur s’aventure
à proposer 4 catégories (presse juive, presse ethnique consacrée au triomphe
des élites et à la mobilité du groupe, presse qui reflète la promotion des
leaders et presse des opprimés ou colonisés) discutables que les lecteurs plus
curieux pourront mieux comprendre en consultant son ouvrage.
L’auteur, rappelle-t-il, n’a pas la prétention que d’avoir complété
une pré-enquête sur le sujet, tant l’ampleur et la complexité justifient
des travaux supplémentaires. Intérêt pour l'anglais ou le français (6,7 ) Une
étude menée sur les communautés culturelles au Québec et particulièrement
à Montréal en 1991 (avec 1728 répondants répartis en italiens (13 %), grecs
(12 %), portugais (12 %), arabes (12 %), chinois (12 %) , vietnamiens (12 %),
latino-américains (12 %) et autres (17 %)
nous donne de précieux renseignements sur les habitudes de ces communautés
en matière de presse écrite, outre les périodiques publiés dans leurs
langues. « De façon générale,
on note une préférence pour les médias anglophones.
Les groupes d’immigration récente (ex.
arabe, vietnamiens, latino-américains) manifestent généralement une préférence
pour les médias francophones. L’inverse
se produit chez les groupes d’immigration ancienne (e. grecs, italiens) .
On retrouve parmi les chinois, les grecs et le groupe autres les plus
grandes proportions déclarant être incapables de lire en français.
Par contre, on observe des proportions importantes de portugais et de
latino-américains incapables de lire l’anglais.
Et l'avenir ? « En
regard des événements du 11 septembre 2001, il n’est pas question pour le
Canada de pratiquer le triage ethnique aux frontières (...) déclare le premier
ministre du Canada, Jean Chrétien. Réagissant à une question du sondage Ekos
publié dans La Presse, particulièrement à la question concernant l’établissement
de profils raciaux aux frontières, une porte-parole du premier ministre a
rappelé vendredi que M. Chrétien avait été constant et «fort» depuis le 11
septembre pour condamner tout geste de discrimination envers les communautés
arabe et musulmane du Canada. » (8) Le
tableau 1 recense par langue (en précisant la ville et la province) les
principaux journaux ethniques et autochtones publiés au Canada à ce jour. (9)
On peut consulter la liste sur le site personnel de l’auteur (www.aei.ca/~bussiere)
Références
Profil de la presse ethnique au Canada __________________________________________________________
__________________________________________________________________________________________________________ LA PRESSE ACADIENNE AU CANADA (1867-auj.)Petite histoire de l’Acadie (1, 12) Le terme Archadia a été utilisé dès 1524 lors des explorations de Verrazzano sur la côte est atlantique. Le cartographe Zaltieri parle de Larcadia pour désigner ce qui est aujourd’hui au Canada la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. L’année 1604 est retenue comme année de fondation de l’Acadie avec l’établissement de colons à l’Ile-Sainte-Croix et la fondation du premier établissement permanent à Port Royal en 1605. L’Acadie fut d’abord le lieu des premiers établissements agricoles européens. Après la guerre de la succession d’Espagne (1701-1713), l’Acadie passe aux mains des anglais en 1713, notamment par le siège de sa capitale Port Royal qu’on renommera Annapolis Royal. Le Traité d’Utrecht mène à d’importantes concessions de la France qui conserve toutefois le territoire actuel du Nouveau-Brunswick et l’Ile du Cap-Breton (l’Île Royale) où elle bâtira sa forteresse de Louisbourg. Une bonne entente avec des peuples amérindiens comme les Micmacs contribue à la survie des acadiens. Durant la guerre de la succession d’Autriche, la forteresse de Louisbourg tombe aux mains des anglais. La France en reprend possession avec le Traité D’Aix-La-Chapelle en 1748. En 1749, la capitale anglaise est déménagée d’Annapolis Royal à Halifax pour contrer l’influence maritime et militaire de Louisbourg. De 1755 à 1762, les britanniques forcent la déportation des acadiens qui refusent de prêter serment d’allégeance sans réserve à l’Angleterre, sous l’égide du gouverneur Charles Lawrence. Des membres de la communauté acadienne ont récemment demander des excuses à la Couronne Britannique face à cette déportation massive. (2) Il est trop tôt pour dire si la Grande-Bretagne s’exprimera sur le sujet. Cette déportation à mené au développement de petites communautés acadiennes beaucoup plus au sud, notamment dans les bayous de la Louisiane aux États-Unis. La Guerre de Sept Ans débute en 1756 entre la France et l’Angleterre. Le traité de Paris (1763) marque la fin de la présence française dans les maritimes. Par la suite, on assiste à une anglicisation des terres et les noms français sont remplacés par des noms anglais. En 1784, le Nouveau-Brunswick d’aujourd’hui est séparé de la Nouvelle-Écosse avec l’arrivée des Loyalistes américains. L’Île St-Jean devient l’Ile-du-Prince-Édouard en 1799. On assiste à un retour timide des acadiens d’ici et de là, certains reprenant l’agriculture et d’autres la pêche. Au début du XIXè siècle, on compte environ 10 000 acadiens dans le territoire des maritimes; ils seront plus de 140 000 au début du XXè siècle. Les acadiens élisent leurs premiers députés en 1830 et on assiste au développement d’établissements d’enseignement et sociaux. Les acadiens s’opposent à la Confédération de 1867. L’élite acadienne se développe et se dose d’un drapeau (comme le drapeau français avec une étoile jaune sur la bande bleue), d’une fête nationale (l’Assomption, le 15 août), d’une devise (l’Union fait la force) d’un hymne national (Ave Maris Stella) et d’un premier journal de langue française : le Moniteur Acadien. Le premier congrès acadien se tient en 1881. En 1887, on fonde l’Évangéline, journal marquant du XX ème siècle. Le premier évêque acadien est nommé en 1912. En 1960, on élit pour la première fois un Premier Ministre acadien au Nouveau-Brunswick avec Louis Robicaud. L’Acadie et les francophones des maritimes sont partagés lors des événements qui mènent à l’élection du Parti Québécois au Québec en 1976 et durant les 2 référendums de 1980 et 1995. En 1981, le Nouveau-Brunswick devient officiellement bilingue. En 1983, L’Évangéline ferme ses portes pour être remplacé par un journal subventionné par le gouvernement (Le Matin) et un journal privé (L’Acadie Nouvelle). Seul le second survivra. En 1996, les provinces maritimes comptent 16% de francophones parmi leur population. Cette proportion est de 33 % au Nouveau-Brunswick (seule province officiellement bilingue au Canada) mais seulement de 4,2 % à l’Ile du Prince-Édouard et de 3,9 % en Nouvelle-Écosse. Il est important de rappeler que l’Acadie n’a jamais eu de délimitation géographique unique et qu’elle regroupe généralement les habitants des provinces maritimes, qui ont en commun la langue française, la religion catholique et la vie rurale. Encore aujourd’hui, la communauté acadienne est vivante plus que jamais et cherche à protéger ses racines, son histoire, sa culture et être maître de son avenir. (1-3) La presse écrite en Acadie Le premier journal francophone est fondé en 1867 à Shédiac avec le Moniteur Acadien. Deux autres journaux marqueront l’histoire de la presse écrite acadienne avec l’Évangéline (1887-1982) né à Digby en Nouvelle-Écosse et l’Impartial (1893-x) né à Tignish à l’Ile-du-Prince-Édouard. Dans le cadre du Congrès mondial acadien tenu en 1994 et regroupant plus de 2400 acadiens, une table ronde a été menée sur la situation de la presse écrite en Acadie. Quatre rédacteurs en chefs ont exprimés leurs points de vue, que je résume dans ce qui suit. (4) Nelson Landry de l’Acadie Nouvelle raconte que « les années 1980 ont été une période difficile pour la presse écrite acadienne. Après la fermeture de L’Évangéline en 1982, l’Acadie du Nouveau-Brunswick est demeurée presque deux ans sans quotidien; dans certaines régions, ce fut cinq ans. Au milieu des années 1980, l’Acadie du Nouveau-Brunswick comptait deux quotidiens et quelques hebdomadaires dont certains ont disparu depuis, à cause de difficultés financières (...) La presse écrite acadienne n’a pas progressé durant cette décennie mais aujourd’hui, la presse écrite acadienne jouit de la meilleure santé de son histoire. Par exemple, l’Acadie nouvelle tire à 20 000 exemplaires, Le Madawaska à 10 000 et les autres hebdos tirent à 5 000 exemplaires en moyenne » Anne Gaudet de l’hebdomadaire Le Courrier en Nouvelle-Écosse raconte que « depuis la création en 1937, le seul journal francophone de Nouvelle-Écosse (...) a connu quatre directeurs ou propriétaires qui ont tous marqué une étape de changement soit dans l’idéologie du journal, soit dans son format ou son aire de distribution. (...) Il est passé d’une philosophie de « pas de politique, juste assez de religion pour plaire à tous les goûts » à une mission de « libération du pays ». Sa distribution s’est étendue à l’échelle provinciale et son tirage fluctue constamment en dents de scie. En 1990, un sondage indépendant révélait un malaise évident entre ceux qui créent le journal et ceux qui le lisent. On a dénoté que la population est intéressée strictement par les nouvelles locales et qu’elle ne veut pas de ces grands rêves d’une presse d’opinion. (...) Quant aux jeunes (15 à 35 ans), ils demeurent indifférents; ils ne savent plus lire en français, anyway. Le phénomène de l’assimilation est une préoccupation grandissante. Si l’on veut sauvegarder un journal de langue française en Nouvelle-Écosse, on ne peut certainement pas attendre que les générations à moitié assimilées se refrancisent, car le journal ne survivrait pas à cette période d’attente. Avec toute la nouvelle technologie, la presse écrite acadienne sera disponible au monde entier, à toute la diaspora acadienne; cela veut dire aussi à toute la francophonie. Plus d’isolement, plus de repliement. » Marcia Maddix-Enrnan, directice de la Voix Acadienne à l’Ile-du-Prince-Edouard raconte que : » la Voix acadienne fondée en 1975 était à l’origine mensuel, puis est devenu bimensuel, puis hebdomadaire. Comme tous les hebdos, La Voix acadienne connaît son lot de difficultés financières en cette période de restrictions. La Voix acadienne jongle avec des difficultés liées au recrutement du personnel, à la combinaison de postes et à son tirage limité. Le journal entre dans la grande majorité des foyers francophones de la province. La population de langue maternelle française de l’île étant d’environ 5 000 personnes, le tirage de La Voix acadienne plafonne à 1200 exemplaires. Notre lectorat varie de l’analphabète fonctionnel au détenteur de doctorat. La grande diversité de cette mosaïque humaine n’est pas sans causer des problèmes de contenu. Combien de fois nous a-t-on menacés de nous retirer un abonnement ou une annonce si nous publierions telle ou telle chose ? » Enfin, Loic Vennin, rédacteur en chef de Ven’d’est racontait que : «l ’électronique offre une occasion formidable de développement pour la presse acadienne. L’entrée de l’électronique dans les médias représente un formidable progrès pour Ven’d’est, le seul magazine acadien (...) plus du tiers des abonnés de Ven’d’est vivent hors du Nouveau-Brunswick, plus de 14 p. 100 sont au Québec et 10 p. 100 aux États-Unis (en Louisiane) ou en France (Belle-Île-en-Mer) etc. Le tableau 1 présente un inventaire des principaux journaux acadiens publiés au cours de cette histoire. Les noms en caractères gras sont encore publiés à ce jour. Un mot de la Louisiane Un ouvrage sur la presse française dans le sud et l’ouest des États-Unis nous apprend que (5) : « la première publication française dans le sud fut Le Courrier de la Nouvelle-Orléans, qui parut de 1785 à 1786. Le premier véritable journal louisianais fut, cependant, Le Moniteur de la Louisiane, fondé le 3 mars 1794 par un imprimeur réfugié de Saint-Domingue, Louis Duclot. Celui-ci, en 1796, s'adjoignit comme rédacteur en chef un émigré royaliste, Jean-Baptiste Lesur-Fontaine. (...) Dans une période troublée, et dans les vingt premières années du XIXe siècle, les journaux français poussèrent en Louisiane comme des champignons et moururent comme des mouches. Ils portaient parfois des noms pittoresques : La Lanterne magique (1798), La Trompette (1811), L'Ami des Lois (1809). Plus sérieux fut L'Union qui, comme son titre l'indique, fut créé en 1803 après la cession par la France de la Louisiane aux États-Unis, pour réaliser l'entente entre les anciennes populations françaises et les Américains nouveaux venus ». « Le Télégraphe, créé vers la même époque, fut bientôt bilingue, et devint The Telegraph avant de s'appeler plus tard The Advertiser. Mais d'autres journaux restaient résolument de langue française, comme L'Echo, créé en 1809, et La Guêpe, fondée en 1817, organe républicain qui se faisait fort de «piquer» les Bourbons revenus sur le trône en France. C'est en 1826 que fut créé le grand journal qui allait être, à la Nouvelle-Orléans, I'égal de ce qu'était Le Courrier des États-Unis à New York. Il s'appelait L'Abeille, et comme ce nom l'indique, il était au début bonapartiste, tout comme l'était Le Courrier à ses origines. Les réfugiés bonapartistes, parmi lesquels se trouvaient en 1815 les généraux Grouchy et Lefebvre-Desnouettes (qui créa une ville française dans l'Alabama), étaient nombreux en Louisiane. Mais L'Abeille s'éleva très au-dessus du parti pris politique ; il cessa d'être napoléonien en 1870, devenant un grand organe de langue et littérature françaises. Ce n'est qu'à la veille d'être centenaire qu'il devait disparaître, en 1824. Dans les paroisses louisianaises, bien des efforts furent tentés pendant le XIXe siècle pour faire vivre des journaux français. Les trois premiers furent La Gazette de Bâton Rouge, fondée en 1819, Le Courrier de Natchitoches et La Gazette des Opelousas, qui tous deux remontent à 1824. Une centaine de ces publications furent éphémères, mais onze durèrent plus de 25 ans: Le Pionnier de I 'Assomption à Napoléonville, Le Meschacebé à Saint Jean-Baptiste, Le Méridional à Abbeville, Le Whig à Saint-Landry, La Gazette de Bâton-Rouge, La Sentinelle de Thibodaux, L'Observateur de Plaquemines, L'Avant-Coureur de Saint Charles, L'Etoile d'lbérie, L'lmpartial de Layette et le Courrier du Tèche. » (5) « La constitution louisianaise de 1921 a rendu l'éducation obligatoire en Louisiane, cédant le pas à une époque où la langue française orale était dénigrée et l'anglais écrit favorisé. Ce n'est qu'en 1974 que la loi a été changée. Il y a eu une renaissance française dans le sud-ouest de la Louisiane dans les années 1970 et 1980 ». Ajourd’hui, il reste un nombre limité de publications francophones, comme j’ai pu le constater lors d’un voyage à la Nouvelle-Orléans en décembre 2001. Il y a le Tintamarre (journal étudiant à Shreveport), la Gazette du CODOFIL (un journal de l’Agence d’état) et l’Acadjin (notamment pour les programmes d’immersions). (6) En attendant, l’Acadie prépare ses célébrations officielles de son 400ème anniversaire pour 2004. Plusieurs ouvrages ont été publiés sur l’histoire de l’Évangéline, un journal témoin de plusieurs années d’histoire en Acadie. (7-9) L’Association acadienne des journalistes est un excellent point de contact pour en savoir davantage sur la presse écrite en Acadie. (10) Références 1. L’encyclopédie canadienne 2000 – Historica. L’Histoire de l’Acadie. Version CD-ROM. 2. Salle de presse de l’Acadie – réflexions sur la déportation des acadiens - http://www.cvfa.ca/Salle_Presse/Archives/Semaine-24-09-2001/S-Acadie-24-09-2001/s-acadie-24-09-2001.html site visité le 24 mars 2002 3. Acadie NET. Portail sur l’Acadie. http://www.acadie.net/ Site visité le 20 février 2002. 4. Communications – Table ronde : la situation de la presse écrite en Acadie. http://www.virtuelle.ca/congres2/com/c1c.htm site visité le 24 mars 2002 5. La presse française dans le sud et l’ouest des États-Unis. http://www.miquelon.net/louisiane/presse.html Site visité le 22 mars 2002 6. Asteur – notre communauté cadienne http://www.asteur.org/pressefran.html site visité le 17 février 2002 7. Histoire de l’Évangéline - http://www.umoncton.ca/evangeline 8. Stéphane Lang. Département d'histoire, Université d'Ottawa. http://www.erudit.org/erudit/haf/v52n02/lang/lang.htm Site visité le 17 février 2002 9. BEAULIEU, Gérard, dir., L'Évangéline, 1887-1982: entre l'élite et le peuple (Moncton, Éditions d'Acadie et Chaire d'études acadiennes, 1997), 416 p. RHAF, vol. 52, n° 2, automne 1998 (http://www.umoncton.ca/evangeline/hist.html) 10. L’association acadienne des journalistes. http://aaj.acadie.net/presse.htm Site visité le 25 mars 2002 11. Université de Moncton – Études acadiennes- Liste chronologique de journaux acadiens - http://www.umoncton.ca/etudeacadiennes/centre/guide/chro-1.html - site visité le 5 avril 2002 12. Société des acadiens et acadiennes du Nouveau Brunswick – Les grandes dates acadiennes http://www.saanb.org/references/historiques/historique02.htm - site visité le 5 avril 2002 13. Journaux hebdomadaires du Nouveau-Brunswick - http://www.gnb.ca/cnb/lsts/weeklies_1f.asp Tableau 1 Profil des principaux titres qui ont été publiés en Acadie (10, 11) Nous avons inclus quelques publications des Îles de la Madeleine, qui fait partie du Québec. Selon les auteurs, on a tendance à rattacher les habitants de cet archipel à l’histoire des acadiens.
__________________________________________________________________________________________ HISTOIRE DE LA PRESSE AUTOCHTONE AU CANADA Bien que l’histoire du Canada soit récente et qu’elle soit, à tort, réduite à la période subséquente à la découverte des Amériques, on doit reconnaître la présence des peuples autochtones depuis fort longtemps. La présence autochtone revêt un intérêt particulier pour les touristes qui visitent notre pays; malheureusement, ces peuples demeurent méconnus de la plupart des canadiens. « Pendant près de deux siècles, plus précisément de la fin du 15e siècle jusqu'au 17e siècle, l'exploration de l'hémisphère occidental par les Européens a révélé que des êtres humains en occupaient déjà toutes les régions depuis l'arctique jusqu'à l'extrémité méridionale de l'Amérique du Sud. Ces nombreux peuples vivaient en société dont la composition variait de simples bandes de chasseurs à des sociétés-états ou même à des empires complexes qui, gouvernés par des prêtres-empereurs, avaient développé une architecture cérémonielle élaborée, une agriculture florissante d'un grand nombre de plantes domestiques, des connaissances astronomiques, des calendriers, des mathématiques et l'écriture. Les nombreuses explications qui tentaient de justifier cette présence humaine dans un hémisphère qui s'était interposé contre toute attente entre l'Europe et la Chine, étaient dans la plupart des cas manifestement eurocentriques. En fait, au lieu de constater tout simplement que les Amérindiens ou les Inuits étaient les habitants de l'hémisphère occidental, on affirmait que les "... acteurs principaux étaient des Vikings, des Phéniciens, des Irlandais, des Égyptiens, des Gallois, des tribus perdues d'Israël..." entre autres possibilités. L'observation de Fray José d'Agosta en 1590 après J.-C., à savoir que les Indiens descendaient de chasseurs qui avaient pénétré en Amérique du Nord depuis l'Asie, témoignait de sa part d'une perspicacité presque géniale et constituait évidemment une exception à cette époque. Elle prévaut pourtant encore cette vision européenne véritablement biaisée de l'histoire humaine de l'hémisphère occidental. L'histoire autochtone qui remonte à douze millénaires est encore absente des manuels scolaires qui limitent l'histoire du Canada aux 350 dernières années. Que les Autochtones aient été illettrés, sauf pour une partie du Mexique et de l'Amérique centrale, et qu'ils n'aient pas laissé de documents écrits expliquent en partie cette situation. Même dans les meilleures conditions, l'instruction était réservée aux classes dominantes que les conquérants européens éliminèrent rapidement, et les documents écrits avec eux. »[1] Aujourd’hui, le Canada compte près de 1 million d’autochtones (le terme comprend les indiens aussi appelés Premières Nations ( 65 %), les Inuits (5 %) et les Métis (30 %) soit au total 3,3 % de la population canadienne.[2] Environ 60 % des autochtones vivent à l’intérieur de réserves. La population autochtone du Canada se répartit comme suit par province : en Ontario (20 %), en Colombie-Britannique (17 %), en Alberta (16 %), au Manitoba (15 %), en Saskatchewan (13 %), au Québec (8 %), dans les provinces atlantiques (2 %), dans les Territoires du Nord Ouest (2 %), au Nunavut (2 %) et au Yukon (0,7 %). On compte actuellement 50 langues autochtones au Canada, réparties en 11 grandes familles de langues (soit 10 des Premières nations et l'Inuktitut).[3] « La géographie contribue énormément à la diversité, à la taille et à la répartition des groupes linguistiques autochtones au Canada. Par exemple, les plaines rases et les terrains boisés valonnés se prêtent bien à l’occupation par des groupes importants. À cause du terrain, les groupes habitant de tels endroits peuvent se déplacer et communiquer avec d’autres groupes relativement facilement et ont souvent tendance à s’étendre pour couvrir des territoires encore plus vastes. D’autre part, les terrains montagneux et les ravins profonds favorisent la formation de petites agglomérations isolées. Le terrain montagneux de la Colombie-Britannique et ses nombreux obstacles naturels ont sans doute contribué considérablement à l’évolution des nombreux groupes linguistiques distincts, et pour la plupart petits, qu’on y trouve aujourd’hui. À cause des obstacles géographiques, les groupes linguistiques comme les Salish, les Tsimshian, les Wakash, les Haïda, les Tlingit et les Kutenai n’ont pas pu produire une base de population aussi importante que les Algonquins (surtout les Cris et les Ojibway) et les groupes des langues athapaskanes, qu’on retrouve dans les Plaines centrales et les forêts de l’Est du Canada. »4
« La géographie peut aussi être un facteur important pour la survie d’une langue. Les groupes habitant les régions relativement isolées, qui sont éloignés de la culture dominante, subissent moins de pressions les incitant à abandonner leur propre langue. Ils ont tendance à utiliser leur propre langue dans les écoles, pour les émissions de radio ou de télévision et les autres services de communication et ont donc plus de chances de rester autonomes. À titre d’exemple, mentionnons les collectivités du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest, des régions du nord du Québec et du Labrador, comme les Inuits, les Atikameks et les Montagnais-Naskapis. À cause de leurs populations importantes et extrêment diversifiées, les langues algonquiennes représentent la proportion la plus élevée des langues autochtones dans la plupart des provinces.» La figure ci-jointe montre la répartition des grandes familles de langue au Canada.[4] Nous reprenons ici quelques extrait d’une étude financée par le ministère du Patrimoine canadien.[5] « Les publications autochtones (surtout les journaux) ont une histoire brève au Canada – probablement parce que les peuples autochtones ont une tradition de communication orale plutôt qu'écrite, et parce que ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que quelques langues autochtones ont été consignées par écrit. La plupart des premières publications autochtones ont été lancées par des organisations politiques autochtones qui voulaient diffuser leurs idées. Au fil des ans, la majorité des publications ont adopté une position plus indépendante de « presse libre. Elles ont assumé cette responsabilité sociale qui est de fournir l'information et les explications dont les peuples autochtones, comme les autres, ont besoin pour participer à titre de citoyens à part entière à une société démocratique. En 1973, le gouvernement du Canada a créé un Programme des communications sociales des Autochtones qui visait principalement à fournir de l'aide aux publications autochtones qui avaient été créées mais qui avaient des difficultés sur les plans financier et journalistique. La plupart des publications en difficulté ont été stabilisées grâce aux fonds fédéraux et quelques nouvelles ont été lancées. Cependant, vers le milieu des années 1980, la radiodiffusion était devenue une priorité plus importante et était financée par un programme de radiodiffusion beaucoup plus coûteux. Au début des années 1990, durant une période de compressions financières du gouvernement, il a été décidé que le Programme des communications sociales des Autochtones devait disparaître et, ce faisant, les publications autochtones ont perdu leur financement (…) » « Un bon nombre des publications financées ont disparu peu après. Cependant, quelques-unes ont survécu et, au cours des années suivantes, une industrie des publications autochtones beaucoup plus commerciale est apparue, avec la concurrence dans des domaines où les peuples autochtones sont suffisamment nombreux pour constituer des consommateurs rentables qui peuvent être proposés à des publicitaires. Dans les régions moins populeuses, il y a peu ou pas de concurrence et, dans certaines régions, notamment les Maritimes (mis à part la Nouvelle-Écosse) et les Territoires du Nord-Ouest, il y a peu ou pratiquement pas de presse autochtone. » Ainsi, «à la fin des années 1960 (…), certains leaders autochtones décidèrent qu'il était essentiel d'avoir des médias autochtones qui répondent aux besoins particuliers des peuples autochtones pour faire avancer l'objectif de l'autonomie politique et de la participation pleine et entière des Autochtones à la société canadienne. Ainsi, de petites publications motivées par des idées politiques ont vu le jour. Certaines ont été de courte durée. Elles ont toutes éprouvé des difficultés financières et ont dû faire face au manque d'expérience dans le domaine de l'édition et du journalisme. » (…) À maints égards, l'histoire de l'édition autochtone au Canada reflète celle de la presse internationale à grande diffusion – mais des siècles plus tard. (…) » « Les premières tentatives en vue de créer des médias autochtones efficaces et indépendants semblent être venues de l'Alberta. Au début des années 1970, un groupe d'Autochtones du Sud de l'Alberta, qui vivaient à l'intérieur ou aux alentours de la réserve Blood de Standoff, près de Cardston, formèrent une organisation, la Indian News Media Inc., et commencèrent à publier le Kainai News. Peu de temps après, la Alberta Native Communications Society entreprit la publication du journal The Native People à Edmonton. En 1982, aux prises avec des difficultés administratives et financières, la Société plia bagages emportant le journal avec elle. Le Kainai News et la Indian News Media cessèrent leurs activités avec l'abandon, en 1990, du Programme des communications sociales des Autochtones du gouvernement fédéral, lancé en 1973 pour aider les publications autochtones existantes et appuyer la création de nouvelles publications. (…) En 1983, la Aboriginal Multi-Media Society of Alberta (AMMSA) était créée et Windspeaker, son hebdomadaire, fut publié pour la première fois en mars de la même année. Windspeaker, qui est maintenant une publication nationale toujours présentée sous format tabloïd, mais qui est structurée et se lit davantage comme un magazine, est toujours la publication la plus importante de l'AMMSA. L'organisation publie également maintenant des journaux autochtones dans toutes les provinces des Prairies et a récemment lancé en Ontario sa propre publication, Birchbark. (…)» « Le Wawatay News, publié par la Wawatay (« l'eau sur les roches ») Native Communications Society de Sioux Lookout, en Ontario, est lu principalement par la population autochtone de la ville et de 37 réserves du Nord-Ouest de l'Ontario depuis 1974. D'abord un journal grand format, maintenant un tabloïd, la Wawatay News, à l'instar de la plupart des publications autochtones, a dû mener un long combat pour demeurer viable.(…) Il est publié en langue ojibway, crie, oji-crie (langue hybride) et en anglais (…) Le journal Kahtou de Colombie-Britannique est un autre survivant du retrait du financement fédéral des journaux autochtones (…) » « Parmi les nombreuses victimes de la fin du financement des publications autochtones en 1990 (…), mentionnons : le Dan Sha News (autrefois appelé le Yukon Indian News) publié à Whitehorse depuis 1973; le Kainai News, publié d'abord sous le titre de Sundance Echo de 1966 à 1968 par un groupe intéressé de résidents de la réserve Blood, et rebaptisé Kainai News en 1968 lorsqu'il a été pris en charge par la Indian News Media Inc.; le Kinatuinamot Ilengajuk, qui a d'abord été un bulletin publié par la Okalakatiget Society, à Nain, au Labrador; le New Breed, magazine créé en 1969 par la Saskatchewan Metis Association et éventuellement publié par la Saskatchewan Native Communications Wehta Matowin Corp.; The Micmac News, publié pour un lectorat provincial très réceptif pendant 20 ans par la Native Communications Society of Nova Scotia dans la réserve Membertou à Sydney, en Nouvelle-Écosse; The Native Press, créé en 1971, a été publié initialement et sporadiquement par l'Organisation politique autochtone de la Nation dénée jusqu'à ce qu'il soit pris en charge par la Native Communications Society des Territoires du Nord-Ouest à Yellowknife. (… ) ». Le tableau qui suit présente la liste des publications encore active au Canada, selon le rapport cité précédemment. Le tableau a été bonifié de quelques acquisitions personnelles n’y figurant pas. Seules Wawatay News et Nunatsiaq News, impriment certains ou la totalité de leurs articles dans une langue autochtone. Avant de disparaître, Kinatuinamot Ilengajuk, dans le Nord du Labrador, imprimait tous les articles et la publicité en anglais et en Inuktitut. Les noms des publications en italique sont illustrés dans cette édition du bulletin Le Petit Jour.
[1] Histoire des autochtones du Canada - http://www.civilization.ca/archeo/hnpc/npvol01f.html visité le 10 octobre 2004 [2] Nadeau JB. Abolir la Loi sur les indiens ? L’Actualité – 15 octobre 2004. [3] Portail des autochtones au Canada - http://www.aboriginalcanada.gc.ca/acp/site.nsf/fr-frames/ao28085.html visité le 12-10-2004. [4] Langues autochtones par collectivité – 1996 - http://atlas.gc.ca/site/francais/maps/peopleandsociety/aboriginallanguages/bycommunity/1 site visité le 11 octobre 2004 [5] Big Canoe G., Rupert B. Rapport préparé pour le ministère du Patrimoine canadien – Le gouvernement du Canada http://www.patrimoinecanadien.gc.ca/progs/ac-ca/progs/pap/pubs/aboriginal/index_f.cfm site visité le 8 octobre 2004 _______________________________________________________________________________________________ Deux événements distincts m’ont amené à faire un bref historique de La Patrie, quotidien puis hebdomadaire durant 100 ans au Québec. En bouquinant chez un libraire de livres usagers, j’ai mis la main sur une copie complète et reliée de La Patrie, des numéros de mars et avril 1943. Collectionneur des unes de journaux du monde entier mais aussi de pièces historiques, je me suis rendu la semaine suivante à la toute nouvelle Grande Bibliothèque, inaugurée en avril 2005. On peut rappeler qu’en 1967, l’Assemblée nationale du Québec crée la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) et intègre notamment la bibliothèque de la congrégation des Sulpiciens. Dans les années quatre-vingt-dix, le gouvernement étudie un projet permettant le regroupement de collections nationale et publiques, lequel mène notamment à la création de la Grande bibliothèque. Il s’agit d’un nouveau bâtiment de verre et de cuivre au cœur du quartier latin, qui comme plusieurs nouveaux ouvrages, ne fait pas l’unanimité mais il est certainement déjà, par son achalandage et la richesse de sa collection, un lieu adopté par des milliers de montréalais et il offre quiétude, confort, et qualité d’accueil à tous les citoyens. Fort de cette trouvaille et de cette visite, je poursuivis mes recherches et lectures afin d’en savoir un peu plus sur le quotidien La Patrie. Je réalise que la collection de la BNQ comporte un volet numérique, incluant quelques quotidiens et hebdo ayant marqué notre histoire tel L’abeille, La Minerve (1829-1899), L’Oiseau bleu (1921-1940), Le Petit Journal (1926-1978) et La Patrie (1879-1978).[1] Dans un excellent article sur l’histoire de la presse d’information au Québec publié en 2003, nous reprenons librement quelques extraits pertinents à notre propos. Leblanc raconte qu’au « Québec, les journaux au début étaient dits « de combat » parce qu’ils étaient créés pour défendre une cause, sociale ou politique. Aujourd’hui la presse, tout en défendant un point de vue ou un parti, se veut davantage neutre, l’objectivité étant perçue comme un gage de crédibilité. À travers l’histoire de sa presse, c’est un peu le Québec et son évolution qu’on voit se dérouler. La presse a été à l’avant-garde de la plupart des progrès sociaux, de l’enseignement, de la culture et de la démocratie au Québec. Chaque fois que la presse est plus libre, les lumières se répandent et on assiste à un accroissement de civilisation et de justice ». (…) « Après la Révolution française, deux journaux sont fondés au Bas-Canada (i.e. le Québec maintenant), l’un défendant l’Angleterre (The Mercury – 1805) et Le Canadien (1806-1817).(…) Les journaux francophones commencent à parler de souveraineté du peuple. (…) Le 4 février 1839 est déposé le rapport Durham qui préconise l’anglicisation à marches forcées du Bas-Canada, par l’union du Haut et du Bas- Canada. (…) Malheureusement, le grave problème au Canada Français à cette époque est l’analphabétisme, l’absence d’instruction. (…) » Malgré ces tensions et cette polarisation, on rapporte que « la presse du Canada français a pris une part active au débat entourant la naissance de la Confédération canadienne (1867). (…) Quant à lui, « le 20ème siècle voit le passage d’une presse d’opinion à une presse d’information. (…). Le gouvernement d’Ottawa prend part à la Seconde guerre mondiale le 10 septembre 1939, après la déclaration de guerre de Georges VI à l’Allemagne nazie. La Loi des mesures de guerre, adoptée durant la guerre de 1914, est réactivée et implique des droits de censure et de réquisition. La question de l’enrôlement obligatoire soulève les passions et une vive opposition au Canada français. La Patrie, l’Action catholique, Le Soleil appuient l’enrôlement; L’Illustration nouvelle et Le Devoir observent le silence. (…) Le 27 avril 1942 toutes les provinces canadiennes, sauf le Québec, votent « oui » à la conscription, ce qui occasionne un choc, une polarisation entre le Québec et les provinces canadiennes. (…) La période 1945-1959 en est une où la presse québécoise est muselée, « cadenassée » pour ainsi dire. (…)[2] C’est durant cette époque marquée par la révolution industrielle, deux grandes guerres et une certaine noirceur que la presse écrite contribue à l’essor de la société québécoise. D’autre part, le portail de la BNQ nous apprend que « Le journal La Patrie est fondé en février 1879 par l'écrivain, journaliste et homme politique Honoré Beaugrand (1848-1906), avec la collaboration de membres influents du Parti libéral. Prenant officieusement le relais du National, organe lancé en 1878 pour faire la guerre aux conservateurs, le nouveau quotidien est créé pour servir la cause des libéraux dans la région montréalaise. De 5000 à l'origine, le journal connaîtra des tirages qui fluctueront au fil des décennies et des mandats qui lui seront attribués. Il atteindra un peu plus de 27 000 exemplaires en 1901, 30 000 en 1933 et près de 200 000 en 1962. Homme d'idées et libre-penseur, Beaugrand adopte d'entrée de jeu une tendance radicale qui l'oppose évidemment au clergé et aux conservateurs, mais également aux libéraux plus modérés, qui se méfient de lui et qui voudront bientôt l'écarter de la tête du journal. Ayant compris qu'il ne pourrait réussir à défendre pleinement ses idées en étant à la remorque financière du Parti libéral, Beaugrand, éditeur et propriétaire de La Patrie, avait choisi de miser sur la publicité pour remplir les coffres de son journal. Ce faisant, il s'était ménagé une indépendance d'action qui non seulement lui vaudra un succès commercial encore rare à cette époque, mais qui lui garantira surtout la mainmise sur La Patrie pendant près de 20 ans. Grand voyageur, Beaugrand y publie, outre des articles politiques qu'il cessera progressivement de rédiger vers les années 1890, des récits et lettres qui retracent ses nombreux périples aux États-Unis et en Europe. En 1891 est inaugurée sous sa direction la première page féminine d'un grand quotidien francophone, sous la responsabilité de la journaliste Robertine Barry (connue aussi sous le pseudonyme de Françoise), qui y fera paraître des chroniques pendant près de 10 ans. La propagande radicale de Beaugrand prend fin en 1897, lorsque Joseph-Israël Tarte (1848-1907), alors ministre des Travaux publics au sein du gouvernement libéral de Wilfrid Laurier, achète La Patrie à la demande du premier ministre et avec des fonds du Parti. Secondés par ses deux fils, qui sont les propriétaires officiels du journal, Tarte rompt avec la ligne dure de son prédécesseur, mais il se sert du quotidien pour faire valoir des idées qui ne suivent pas toujours la ligne du Parti. S'il est appelé par son chef à démissionner de son poste de ministre en 1902, il conserve la direction de La Patrie et continue à y livrer des lettres et articles. Au tournant du XX ème siècle, la popularité et les tirages du journal déclinent. Tarte et ses fils repensent le mandat de La Patrie et décident de l'ouvrir à un contenu plus varié et moins ouvertement militant, ce qui leur réussit. Le journal est vendu en 1925 au groupe Webster, Lespérance et Fortier, qui réoriente cette fois totalement le contenu pour en faire un organe conservateur. Lorsque le journal La Presse en devient propriétaire en 1933, La Patrie adopte pour un temps une position politique neutre. La facture du journal est de nouveau modifiée : au nouveau format tabloid se greffent régulièrement des suppléments de diverses natures. La publication quotidienne de La Patrie cesse en 1957; le journal devient un hebdomadaire. Des difficultés financières obligent son dernier propriétaire à cesser sa publication en 1978 ». Il est intéressant d’ajouter que Honoré Beaugrand, né à Lanoraie en 1948, fut élu maire de Montréal à 2 reprises, soit en 1885 et 1886. Il a beaucoup voyagé et s’est établi à Fall River au Massachusets où il y a fondé L'Écho du Canada (1873) et La République (1875) avant de fonder à Montréal La Patrie (1879).[3] Ainsi, La Patrie a accompagné la société québécoise durant un siècle. Les extraits proposés, provenant de la trouvaille de 1943, illustrent bien l’omniprésence de la seconde guerre mondiale dans la presse en Amérique du Nord. [1] Bibliothèque Nationale – Collection numérique – La Patrie - http://bibnum2.bnquebec.ca/bna/patrie/index.html visité le 18 juillet 2005. [2] Leblanc JP. Brève histoire de la presse d’information au Québec. Centre de ressources en éducation aux médias. http://www.reseau-crem.qc.ca/trousse/histoiremedias.pdf visité le 17 juillet 2005. [3] Beaugrand H. La chasse-galerie. 108 p. - 6,95 $ - 7 euros ISBN 2-89406-060-2 |
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