FERNAND PRÉFONTAINE — Fils de Raymond Préfontaine, financier, maire de Montréal, ministre de la Marine et des Pêcheries sous Laurier; petit-fils du sénateur Jean-Baptiste Rolland, célèbre papetier, l'architecte et chroniqueur montréalais Fernand Préfontaine a tenu un salon qui a attiré la jeunesse intellectuelle québécoise durant la première guerre mondiale. C'est dans la bibliothèque de la maison de Préfontaine, rue de Casson, dans le quartier St-Louis, près du collège de Montréal que se réunissait ce cénacle.

En 1918, une revue, le Niggog (dard de pêche des Amérindiens), naquit de leur entretiens. Cette publication, avant-gardiste pour son temps, préconisait l'art pour l'art et voulait diminuer la portée du courant régionaliste. L'auteur d'Un homme et son péché (Séraphin Poudrier), Claude-Henri Grignon, mécontent de telles opinions qualifiait le Niggog de «dragon à 38 têtes ».

Parmi les artistes et littérateurs québécois qui ont fréquenté ce salon, notons Jean-Aubert Loranger, Marcel Dugas, Osias Leduc, Adrien Hébert et son frère, l'un peintre et l'autre sculpteur; Robert de Roquebrune et son épouse Josée Panet; Louis Bourgouin, jeune chimiste et son épouse russe; le journaliste Le Tellier de Saint-Just, son collègue Jean Chauvin; Jean Aubert Loranger, poète symboliste et journaliste; le poète René Chopin ainsi que les pianistes Léo-Pol Morin et Rodolphe Mathieu. Les rencontres ont parfois eu lieu chez le pianiste Morin.

Ajoutons à cette liste le vieux peintre Edmond Dyonnet, Robert Larocque, Arthur Letondal, les architectes Beaugrand-Champagne et Drouin et des amis anglais, professeurs à l'Université McGill: John Murray-Gibbon, Thomas Ludlow, John Roxburg-Smith, Ramsey Traquair; le journaliste Bernard-K. Sandwell.

Dans «Cherchant mes souvenirs 1911-1940» (Fides) Robert de Roquebrune ajoute un illustre professeur de l'Université de Montréal, Édouard Montpetit et le spirituel abbé Olivier Maurault (tous deux ont donné leurs noms à des rues montréalaises).

 



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