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Angélique Renaud d'Avène des Méloizes naquit à Québec en 1722. Maîtresse de l'intendant François Bigot, elle a tenu vers 1747, à l'angle sud-ouest des rues Saint-Louis et du Corps-de-Garde, dans la capitale de la Nouvelle-France, un salon réputé. Son père, Nicolas-Marie, était homme d'affaires et seigneur de Neuville, près de Montréal. En 1746, Angélique a épousé Michel Jean Hugues Péan, enseigne en second, puis en pied, aide-major de Québec, capitaine, chevalier de Saint-Louis. Cette hôtesse réputée jeune, belle et pleine d'esprit avait un caractère doux et affable, aimant à obliger. Le salon de Mme Péan était fréquenté par Louis Joseph, marquis de Montcalm de Saint-Véran, général français et commandant des troupes en Nouvelle France. Fait curieux, ce militaire considérait dans ses mémoires que la société québécoise du temps était plus raffinée que celle de Paris. Parmi d'autres invités notons Pierre François de Rigaud, marquis de Vaudreuil-Cavagnal, Jean-Victor Varin de la Marre, conseiller au Conseil souverain de la Nouvelle-France, Charles Deschamps de Boishébert et de Raffetot, officier français; un associé de Péan, David Gradis. Il est assuré que l'intendant Bigot avait fait la fortune du mari semble-t-il complaisant d'Angélique. Toujours est-il que plusieurs mémorialistes ont appliqué à Angélique le sobriquet de «Pompadour du Canada». En septembre 1760, en destination de la France, le couple Péan a quitté Québec à bord du navire le Fanny. Éclaboussé par le scandale concernant Bigot et bouc émissaire dans la perte de la colonie, Péan fut incarcéré à la Bastille, à Paris. Sa libération est survenue en 1764. Alors Péan s'installa avec Angélique dans dans la seigneurie d'Onzain près de Blois. Angélique consacra la fin de sa vie aux bonnes uvres et aida les familles canadiennes réfugiées en France. Elle rendit l'âme en 1792, à Blois. Une fille était née de ce couple atypique, Angélique-Renée-Françoise, née à Québec le 12 novembre 1751. De la maison québéquoise de Madame Péan ne subsistent plus que les murs du rez-de-chaussée et les caves voûtées. En 1811, la demeure a été acquise par l'Armée canadienne. Devant l'édifice, entre les racines d'un arbre, est enserré un boulet énigmatique. Une colle de plus pour les historiens. |