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Françoise (Fanny) Mosselmann du Chenoy, comtesse Le Hon (1838-1931) — Femme d'esprit dont plusieurs appréciaient la sagacité et le jugement, par surcroît aux cheveux d'or et d'une beauté qu'on disait éblouissante; fille de banquier, elle était l'héritière d'une riche famille d'hommes d'affaires de Bruxelles. Elle avait épousé Aimé Joseph le Hon, l'un des fondateurs de la monarchie belge et ambassadeur de Belgique en France. Douée de talents artistiques, elle peignait, sculptait et gravait des eaux fortes. Son premier salon parisien fut orléaniste et prit son essor durant toute la monarchie de Juillet. Devenue la maîtresse de Charles, duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, son amant construisit l'hôtel qui porte son nom au rond-point des Champs-Élysées. Il fit aussi ériger une demeure voisine de la sienne le rapprochant de sa maîtresse. Fanny Le Hon créa en ces lieux un premier pôle d'attraction dans ce quartier de plus en plus envahi par les parisiens. Le tout-Paris bonapartiste fréquentait cette demeure dont Jean Vatout, présumé fils illégitime de Philippe-Égalité, Arsène Houssaye, l'ambassadeur de Russie, Paul Kisselef, son amie Mme Janvier de la Motte, le général Louis-Charles Alexandre Estancelin, Armand Bertin, le duc de Morny, les artistes Alexandre Decamps, Tennyre et Juste Aurèle Meissonnier; Van Praït, ministre de la Belgique; Édouard Thouvenel, ministre des Affaires Étrangères; François Guizot, Victor, duc de Broglie; Adolphe Thiers, Mme Églée Paulée Duchatel-Tanneguy, Émilie Destutt de Tracy, marquise de Lafayette; Mme de Léardières, Mme de Mongazon, d'Hoberstat, John Lemoine, Alexandre Joseph Colonna, comte Waleski, fils naturel de Napoléon Premier et de Marie Waleska; et Léon, comte de Laborde. |