![]() René Lapalme, auteur-compositeur-interprète, traducteur et esthète bourré d'intelligence et de talents a quitté ce monde en 2007 victime d'un cancer foudroyant. Il avait assisté depuis 1977, à dix-neuf des soupers des Encyclopédistes. René Lapalme se raconte Je suis né à Shawinigan en 1965. J'ai grandi En 1986, je suis allé vivre à Québec,
question de faire une maîtrise en linguistique J'ai pris mes premiers cours de chant en 1990, quand j'avais 25 ans, avec Annie Tremblay, soprano. En 1995, j'ai eu la chance de participer aux Rencontres internationales de la chanson francophone, où j'ai rencontré celle qui est toujours mon professeur aujourd'hui, Hélène Ouellette. En 1998, j'ai réussi à me rendre à Petite-Vallée, à titre de semi-finaliste au Festival en chanson. Depuis, je n'ai plus tenté de faire la ronde des concours. Au fil des ans, j'ai organisé plusieurs spectacles solos à Montréal. J'ai chanté au 55 Prince, à la Butte St-Jacques, au centre Calixa-Lavallée, au Verre Bouteille, au P'tit Bar et au Café Sarajevo. C'est d'ailleurs dans ce dernier endroit que j'ai organisé et animé des soirées cabaret hebdomadaires pendant plusieurs mois. J'ai également participé à quelques spectacles et soirées-bénéfices au Lion d'Or et au Théâtre National. Entre autres, j'étais membre de la troupe du Cabaret des vertiges, un spectacle présenté dans le cadre du Festival des arts du Village et mis en scène par le chorégraphe Dave St-Pierre. En 2004, j'ai aussi participé à un spectacle intitulé Emporte Voix, avec trois autres élèves d'Hélène Ouellette. Depuis, je guette les occasions de chanter à nouveau.
Et surtout, je continue d'écrire des paroles de chansons.
Je gagne ma vie comme traducteur, mais j'aimerais bien mieux faire
davantage de musique, d'écriture et de travail sur scène.
R.I.P. - René Lapalme - 1965-2007 Ce matin, ma blonde parcourait La Presse comme à tous
les déjeûner et me demanda à brûle-pourpoint:
"René Lapalme, c'est pas lui le gars que tu connaissais
qu'on avait été voir chanter au Sarajevo? Je serais menteur de dire que René Lapalme était un grand ami. C'était tout au plus quelqu'un que j'avais côtoyé à un moment donné, mais que j'ai perdu de vue puisque nous ne partagions que peu de lieux communs. Je l'avais rencontré quelque part autour de l'année 1999 lors d'une rencontre des Encyclopédistes. C'était un groupe de gens se rencontrant à chaque mois dans une section du Commensal de la rue Saint-Denis pour discuter entre gens de culture, quoique l'on se retrouvait souvent avec quelques artistes venus se faire des méta-amis pour agrandir leur cercle de relations qui iront à leur lancement de livre, leur vernissage, leur spectacle ou leur lancement de livre. René avait une prestance et quelques tics lui donnant l'air qu'on retrouve sur ses deux dernières photos sur son blog, lui donnant l'air à la fois d'être sur le bord d'un fou rire ou de pleurer. Je me demande même si nous nous serions pas perdus de vue justement parce que je lui avais fait remarquer qu'il avait l'étrange manie de s'exorbiter les yeux pour se donner un air exalté en chantant. Je me rappelle qu'il était un tantinet prétencieux, ce qui est pardonnable puisque cela fait partie de ce qu'est être un artiste. Aux Encyclopédistes, il aimait rappeller ses nobles origines, son grand-père étant Georges-Émile Lapalme, chef du Parti Libéral provincial de 1950 à 1958, qui resta dans l'opposition tout ce temps face à nul autre que Maurice Duplessis comme adversaire politique. Je lui souhaite sincèrement le repos éternel, et je continue de me dire qu'il est particulièrement injuste que quelqu'un ayant toujours souhaité être reconnu dans son art sans y parvenir tout à fait doive en plus disparaître prématurément. C'est quand même troublant: il y a 5 ou 6 ans, j'avais été le voir à quelques reprises au Café Sarajevo. Aujourd'hui, il est décédé, et le Sarajevo n'existe même plus. Je n'ose pas penser à ce que quelqu'un de 80 ans peut laisser derrière soi si à 36 ans je dois déjà parler de certains lieux et certaines personnes au passé. Un chose me déçoit: en allant sur les "blogs amis" vers lesquels il fait un lien, pas un seul ne parle ni même n'évoque sa disparition, ce qui en dit long sur la superficialité et la vanité des relations entre blogueurs. Ça se montre comme une grande communauté interactive, et quand des leurs disparaît, personne ne s'en rend compte et ça parle de la dernière connerie de son chat, du miroir de char qui s'est fait accrocher dans le parking ou de la dernière bébelle que Apple vient de sortir.
François Ouellette |