LES GENS DU LIVRE - Non content de tenir des rencontres informelles à sa célèbre librairie, Henri Tranquille lance en 1963, un autre forum culturel: Les Gens du Livre. L'écrivain Jean-Jules Richard et le sculpteur Roussil sont de connivence.

Ils ont choisi comme repaire le Gobelet (8401, boul. Saint-Laurent, à Montréal), établissement qui sortira les tavernes québécoises de l'ère de l'inculture, de la masculinité et du crachoir. Une taverne de rêve avec des oeuvres d'art et des objets anciens de collection dont certains étaient exposés à l'intérieur même des tables montées en verrières, autour desquelles prenait place la clientelle! Odette Legendre (Les Beaux jours du Gobelet, les Éditions Carte Blanche) évalue à un millon de personnes, le nombre de clients du Gobelet (1963 à 1987). En fait, le tout Québec révolution tranquille a fréquenté assiduement l'endroit.

À chaque premier lundi du mois, les gens de la littérature, de l'écriture, de la lecture, de la librairie, de l'édition, de la diffusion, des bibliothèques y compris des artistes, conversaient, discutaient, découvraient des primeurs, apportaient un manuscrit. Des lancement de livres et la publication d'un bulletin intitulé Les Carnets du Gobelet , complétaient l'activité des Gens du livre.

Voici une sélection abrégée des habitués comprenant le journaliste Jean-Claude Trait, Yves Gauthier, les libraires Micheline et André Ménard, Alain Tremblay, Pierre Roger Nadeau, Jean Bode, René Caron, André Chapados, les frères Auger, François, Dominique et Vincent ainsi que Richard Gingras; les écrivains, enseignants ou communicateurs Robert Prévost, Hélène Ouvrard, Renée Devirieux, Ambroise Lafortune, Auray Blain, André Robichaud, et Jean-Louis Le Scouarnec.

Au premier rang du palmarès des incuries et du laxisme culturel des gouvernements, il faudrait placer le fait d'avoir laissé mourir un lieu comme le Gobelet!


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