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M adame Ève Delacroix Riveraine de lAvenue Foch depuis 1954, cette jolie rouquine, méditerranéenne, née à Casablanca, a fait de son salon une succursale de lAcadémie Française. Selon Élisabeth Chavelet et Jacques de Danne (Avenue Foch, Éditions Jai lu) : « Peu dacadémiciens ont pu revêtir lhabit vert sans avoir passé dans ces murs un examen plus sévère que le grand oral de lENA. »Le prestigieux prix fondé en 1956 par Ève Delacroix récompense lauteur dun ouvrage alliant des qualités morales à des qualités littéraires. Cest maintenant lAcadémie qui le décerne. Cette récompense a beaucoup contribué à propulser sa créatrice au rang dune des Grandes Animatrices de Paris, tel que la constaté Maurice Genevoix dans son ouvrage du même nom. Sa table dont deux des fidèles étaient Henry de Montherlant et Louis Leprince-Ringuet, a attiré des académiciens, écrivains, diplomates et des hommes politiques, de préférence chiraquiens. À ce Tout Paris sajoutaient Éva Barre, Bernadette Chirac et sa mère, Madame de Courcel; le médecin et académicien Jean Bernard, seul homme de gauche à fréquenter ce salon; Robert Bakker, ambassadeur de Hollande; Edgar Faure, homme politique et autre académicien et Jean Mistler, secrétaire perpétuel de l'Académie Française. Couverts dor, verres de Venise étaient évidemment de mise. |